Syndrome méningite-artérite du jeune chien ou méningite répondant aux corticoïdes



Qu’est-ce que le syndrome méningite-artérite du chien ?

Le syndrome méningite-artérite cortico-répondant du chien est également appelé méningite neutrophilique, méningite suppurative aseptique, ou SRMA (steroid responsive meningitis-arteritis).

C’est une maladie correspondant à une inflammation des méninges qui se soigne à l’aide d’un traitement corticoïde sur une longue durée.

Les méninges constituent les membranes qui enveloppent le système nerveux central (le cerveau et la moelle épinière). Dans les méninges circule le liquide cérébro-spinal (LCS).

Lors de méningite, il y a une inflammation des méninges et une rupture de la barrière hémato-méningée.

Aspect inflammatoire du liquide cérébro-spinal chez un chien atteint d’un Syndrome méningite-artérite du jeune chien ou méningite répondant aux corticoïdes

Ce syndrome est le résultat d’un désordre immunitaire systémique caractérisé par des lésions inflammatoires des leptoméninges (arachnoïde et pie-mère) et de l’ensemble des petites et moyennes artères de l’organisme.

L’origine de cette maladie n’est pas connue. La présence de lymphocytes T activés chez les individus malades laisse penser à une réponse suite à un contact avec un stimulus antigénique bien qu’aucun élément infectieux n’ait jamais été mis en évidence. Des facteurs génétiques sont également suspectés, en particulier chez le Retriever de Nouvelle Ecosse.

Il existe deux formes à cette maladie :

  • La forme aiguë est plus fréquemment rencontrée. Elle se caractérise par une inflammation méningée qui est à l’origine des signes cliniques (raideur cervicale, douleur, hyperthermie)
  • La forme chronique, plus rare, survient en particulier lors de la de mise en place d’un traitement inadapté ou en cas de rechute de la forme aiguë. L’inflammation chronique méningée pourra entrainer une fibrose des méninges. Des déficits neurologiques sont souvent observés.

Prédispositions raciales à la méningite-artérite du jeune chien :

Certaines races sont considérées comme présentant une prédisposition telles que le Beagle, le Boxer, le Bouvier Bernois, le Braque de Weimar et le Nova Scotia Duck Tolling Retriever (Retriever de Nouvelle Ecosse).


Signes cliniques du syndrome méningite-artérite :

Ce syndrome survient chez les jeunes chiens, essentiellement de grande race, de moins de 3 ans. Plus fréquemment, les chiens ont entre 6 et 18 mois. Le principal signe clinique est une douleur marquée en région cervicale. Le chien présente une démarche raide (marche sur des œufs) et se tient la tête basse. Des signes généraux importants sont également souvent observés : fièvre, anorexie et léthargie.

Dans la forme aiguë de la maladie, c’est la douleur qui est le symptôme prédominant : les animaux atteints présentent une hyperesthésie le long de la colonne vertébrale, une raideur cervicale avec une forte résistance à la manipulation du cou, une démarche raide et une réticence à se déplacer. Une hyperthermie (T° > 39.2°C) est souvent mise en évidence. Des polyarthrites (inflammation des articulations) sont associées à ce tableau clinique.

Dans la forme chronique, on peut observer certains déficits neurologiques tels qu’une ataxie (démarche chancelante), une parésie (faiblesse) ou encore certains signes de lésion intracrânienne.


Comment confirmer le diagnostic ?

Le diagnostic repose essentiellement sur une analyse du liquide cérébro-spinal (LCS).

Cet examen réalisé sous anesthésie générale consiste à prélever une petite quantité du liquide dans lequel baignent les méninges. L’analyse du LCS met en évidence une inflammation méningée (pléiocytose) avec une augmentation du taux de protéines. Cet examen doit être réalisé avant la mise en place de tout traitement sous peine d’avoir un résultat faussement négatif.

Lors de forme aiguë, le laboratoire met en évidence une pléiocytose neutrophilique très marquée.

Lors de forme chronique, le LCS est moins modifié et les anomalies sont moins spécifiques avec une population cellulaire plus hétérogène.

Les autres examens complémentaires possibles sont :

  • Le bilan hématologique révèle fréquemment une leucocytose neutrophilique modérée à marquée.
  • Une IRM cervicale peut mettre en évidence des signes de méningite (prise de contraste marquée et épaississement des méninges)

Traitement :

Le traitement repose essentiellement sur l’administration de corticostéroïdes à doses immunosuppressives ainsi que l’utilisation de molécules immunomodulatrices. Le traitement corticoïdes est mis en place pour une durée minimale de 3 à 6 mois. Les posologies sont diminuées progressivement selon l’évolution clinique du chien. Le sevrage doit être très graduel afin d’éviter les récidives.

Une ponction du LCS de contrôle peut être proposée afin de s’assurer de la guérison avant l’arrêt de tout traitement.


Pronostic :

Le pronostic est généralement bon pour les formes aiguës et si les animaux sont traités précocement et de façon agressive.

Les récidives sont fréquentes (20 à 30% des cas) d’où l’importance de poursuivre le traitement pendant plusieurs mois, même en l’absence de signe clinique.

Les Bouviers Bernois répondent moins favorablement au traitement que les autres races.

Plus d'infos

Pour toutes informations supplémentaires ou pour contacter un vétérinaire spécialiste

Nous contacter

Glossaire