Troubles du comportement du chien ou problème d’éducation canine



Faire la différence entre un trouble comportemental et un problème éducatif est une question majeure que les propriétaires de chiens « difficiles » sont souvent amenés à se poser. La limite n’est pas toujours simple à déterminer, notamment parce que beaucoup de problèmes de comportements vont mettre en jeu les deux aspects. C’est le rôle du vétérinaire spécialiste en comportement de faire la part des choses, de porter un diagnostic et de mettre en place un véritable plan thérapeutique adapté à chaque situation.


 Qu’est-ce que l’éducation canine ?

L’éducation canine vise à apprendre des ordres de base au chien. Ils sont destinés à lui permettre de vivre en société, comme nous apprenons la politesse : assis, couché, pas bouger, marche en laisse sans tirer, rappel.

De la même façon que tous les enfants apprennent à compter et à lire, tous les chiens atteignent facilement un niveau élémentaire en éducation. Il s’agit d’un apprentissage basique atteignable par tous.

L’éducateur canin est ainsi l’équivalent canin des instituteurs.

L’éducateur canin apprend aussi aux propriétaires à communiquer de façon claire et cohérente avec leur compagnon à 4 pattes pour qu’il comprenne ce que l’on attend de lui. Il s’intéresse donc au comportement normal du chien. La plupart des éducateurs canins sont donc qualifiés de comportementalistes : ils décodent la communication canine et expliquent aux propriétaires comment se faire comprendre. Cela les qualifie pour résoudre des problèmes de communication homme-chien, pour autant que le chien soit en parfaite santé physique et psychologique.

Mais ce terme d’éducateur ou de comportementaliste est en partie responsable de la grande confusion qui règne dans la recherche d’une solution pour les propriétaires d’animaux souffrant de troubles du comportement.

Il existe différents courants d’éducateurs canins, selon le type de méthodes qu’ils emploient : éducation positive (basée sur la récompense ou renforcement positif et la punition négative), méthode naturelle, éducation coercitive (basée sur la force et sur le postulat que l’animal doit se soumettre à l’autorité de son maitre pour bien se comporter).

De nombreuses formations existent pour exercer comme éducateur canin (un simple certificat dispensé sur 2 jours est obligatoire), ce qui conduit à une grande hétérogénéité de la qualité des services proposés.

Aujourd’hui, de nombreuses publications scientifiques ont démontré qu’en matière d’éducation (que ce soit humaine ou canine) les méthodes autres que celles employées en éducation positive sont délétères pour l’animal (augmentation de l’agressivité, de l’anxiété, des troubles du comportement, diminution de la qualité de la relation homme-animal…) et ne devraient jamais être employées. (Ziv 2017, Masson et al, 2018).

L’éducateur est donc un auxiliaire important mais qui ne dispose pas de la capacité à établir un diagnostic.


Qu’est-ce que la psychiatrie canine ?

La psychiatrie vétérinaire s’intéresse aux symptômes comportementaux dont l’intensité, la fréquence, ou la durée sont anormaux : ils sont le reflet d’une souffrance du chien.

Les signes cliniques comportementaux peuvent être incontrôlés (c’est-à-dire impossibles à stopper et/ou involontaires) et peuvent perturber les capacités d’apprentissage et donc d’obéissance du chien.

Le vétérinaire comportementaliste est donc l’équivalent du pédiatre ou plus exactement du pédopsychiatre gérant les enfants qui posent problème du fait de leurs comportements. Les vétérinaires comportementalistes diplômés (DIE, DUPV, CEAV) ont réalisé en plus de leur cursus de vétérinaire une formation de deux ans, qui les qualifie pour comprendre et analyser les troubles du comportement des chiens qui leur sont présentés.

En France, seuls les vétérinaires diplômés du Collège Européen de Médecine du Comportement peuvent se prévaloir du titre de « spécialiste en médecine du comportement ». C’est le cas des Dr. Beata et Gaultier, consultants au CHV Fregis.

Un vétérinaire spécialiste en comportement dispose des connaissances en anatomie, neurologie, dermatologie, médecine interne, … combinées à l’apprentissage des troubles du comportement, elles leur permettent de différencier un trouble d’origine organique d’une origine comportementale et de proposer ainsi une prise en charge individualisée qui va intégrer toutes les dimensions du problème.

Le cerveau, organe siège des troubles du comportement est ainsi exploré comme le serait n’importe quel autre organe, avec une vision médicale qui considère qu’il peut, comme les autres organes, dysfonctionner. Comme dans les autres disciplines, on peut ainsi avoir des dysfonctionnements liés à une anomalie présente très tôt et en partie codée chez l’individu (syndrome hsha, syndrome de privation, …) comme peuvent l’être les allergies (dysfonctionnement du système immunitaire) ; ou encore, des anomalies liées à un déséquilibre créé par l’environnement (phobie post-traumatique…) comme le serait une plaie cutanée.

Dans les deux cas, le retour à l’équilibre va nécessiter une thérapie comportementale. Elle peut s’accompagner d’un traitement médicamenteux, plus ou moins long selon le diagnostic porté. Ce dernier peut être de courte durée (trouble de la relation sociale, plaie cutanée) ou se prolonger dans le temps (allergie, dysthymie).

Ainsi, les difficultés de progression d’un chien en éducation canine constituent un motif majeur pour consulter un vétérinaire comportementaliste.


Quelle est la part de responsabilité ou de culpabilité du propriétaire : « C’est de ma faute, j’ai dû rater quelque chose » ?

La société actuelle a tendance à culpabiliser les propriétaires (et les parents) dont les chiens (enfants) présentent des comportements indésirables.

Ainsi, en consultation de comportement, plus encore que dans les autres branches de la médecine, nous rencontrons des propriétaires, aimants, soucieux de bien faire mais persuadés d’être en partie responsables du mauvais comportement de leur chien. L’entourage est souvent prompt au jugement, considérant que le propriétaire devrait être aussi compétent qu’un éducateur professionnel (ou que les parents devraient avoir les connaissances d’un pédopsychiatre).

Cette approche, plus que contestable, est un frein majeur à la consultation.

Là encore, la comparaison avec les autres disciplines vétérinaires permet de prendre du recul : vous avez beau donner les meilleures croquettes du marché à votre chien, cela ne l’empêchera pas de présenter une maladie digestive… Vous pouvez faire une éducation parfaite et avoir un animal qui présentera des troubles du comportement.

L’important pour notre équipe de spécialistes est de pouvoir vous proposer une prise en charge globale « ici et maintenant » dans le respect du chien et de son propriétaire, sans jugement, qui sans négliger le « pourquoi » ce problème est présent, s’intéresse à « comment » le résoudre.


Éducation et psychiatrie canines : des disciplines complémentaires

L’éducation et la psychiatrie vétérinaire (ou médecine du comportement) sont donc complémentaires et la prise en charge comportementale va souvent faire intervenir les deux parties : le vétérinaire va établir un diagnostic (chien normal qui a besoin d’éducation, chien qui a un trouble comportemental, chien qui a une maladie organique ayant des répercussions comportementales) et l’éducateur va accompagner les propriétaires pour réaliser les thérapies comportementales prescrites par le vétérinaire.

A l’inverse, l’éducateur peut demander une intervention du vétérinaire comportementaliste s’il trouve qu’un chien ne progresse pas à la vitesse attendue compte tenu de son âge, et de la fréquence des entrainements.

 

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